lundi 20 juin 2011

Abdou Latif Coulibaly, ‘’La dépénalisation c’est une très bonne chose’’


’La dépénalisation c’est une très bonne chose. Une loi qui permet à des journalistes de ne plus entrer en prison. Maintenant il faut savoir raison gardée. Il faut toujours avoir à l’esprit que la première crainte que nous devons avoir comme journalistes ce n’est pas le juge mais c’est l’opprobre des pairs que vous ayez honte quand vous faîtes un travail et que le pair n’apprécie pas’’, a notamment dit, à Dakar, le journaliste-écrivain, Abdou Latif Coulibaly.


M. Coulibaly s’exprimait lors d’une conférence tenue, mardi dernier, à la case foyer du Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI) organisée par l’Amicale des étudiants dans le cadre de leurs activités et qui avait pour thème : Le cadre législatif et réglementaire de la profession du journaliste.


‘’ C’est la première crainte que nous devons avoir. La deuxième crainte, le juge. Aujourd’hui ce n’est pas parce ce qu’on ne va pas en prison qu’on va faire n’importe quoi, non. Parce que même si l’on ne va pas en prison notre organe peut subir des amendes on peut payer des dommages et intérêts très importants. Donc il faut faire attention’’, a-t-il poursuivi.


’Pour les contraintes économiques la proposition Abdou Latif Coulibaly n’est pas une proposition intéressante. Quels types de propositions les médias et les professionnels doivent faire ? C’est ça qui est intéressant’’, a dit l’auteur de, Contes et Mécomptes de l’ANOCI.


‘’J’ai toujours dit qu’il faut mettre un fonds d’appui et de développement des médias au Sénégal. Un fonds qui permet aux médias de recevoir des financements et des garanties de financements subséquents et de recevoir également des aides et des appuis qui résultent d’un programme pour des projets innovants et structurants’’, conclut-il.










Abdou Latif Coulibaly, ‘’Le drame c’est que dans 90% de nos organes de presse il suffit d’avoir dix ans de profession pour entrer dans son pontificat


‘’On n’apprend pas le métier de journaliste à l’école. C’est dans l’entreprise de presse qu’on apprend ce métier. Le drame c’est que dans 90% de nos organes de presse il suffit d’avoir dix ans de profession pour entrer dans son pontificat totalement absurde’’, a déclaré, à Dakar, Abdou Latif Coulibaly, journaliste et directeur de publication la Gazette.

‘’ On apprend le métier entre les mains de professionnels aguerris qui vous attendent, vous encadrent au plan professionnel et humain et qui vous mettent dans de bonnes conditions de travail’’, poursuit-il.

Abdou Latif Coulibaly s’exprimait en marche d’une conférence tenue, mardi 14 juin dernier, à la case foyer du Centre d’Etudes des Sciences et Techniques de l’Information (CESTI). Une conférence organisée par l’Amicale des étudiants dans le cadre de leurs activités et qui avait pour thème : Le cadre législatif et réglementaire de la profession du journaliste.

’Mais l’apprentissage se fait doublement. D’abord ce qu’il vous dit et ensuite ce qu’il fait lui-même, ce qu’il écrit. Vous n’écrivez plus d’articles, vous ne produisez plus de reportages. Les jeunes n’apprennent de vous que ce que vous les dites. Mais vous ne le pratiquez pas, ils ne le voient pas. Donc la formation que l’on reçoit dans l’organe de presse est une formation bancale’’, a dit, le journaliste-écrivain, auteur de : La République Abîmée, Lettre à Abdoulaye Wade Yinghou.

’Vous entrez parfois dans un organe de presse les trois premiers responsables, le directeur de publication, le directeur de la rédaction et le rédacteur en chef, ensembles cumulés n’ont pas 15 ans de métier. Ce n’est pas acceptable’’, déplore, Abdou Latif Coulibaly.

‘’ Il faut réorganiser les rédactions. Il faut que les rédactions travaillent autrement. Il faut que les gens qui ont l’expérience non seulement encadrent les jeunes mais également fassent des papiers, des reportages et des enquêtes et que les jeunes les lisent’’, plaide-t-il avant de préciser que ’’On dirait qu’ils (Ndlr : les responsables de rédaction) n’ont plus de temps. Malheureusement ils n’ont plus le temps et ça la formation des jeunes s’en ressent’’.

’Moi, combien de fois à l’époque quand je lisais les articles de reportage de Djib Diédhiou au Soleil (Ndlr : Actuellement professeur de presse écrite au CESTI). C’était extraordinaire. A l’époque il avait plus de 40 ans, et ceux qui ont plus de 40 ans dans nos rédactions aujourd’hui ne font plus d’articles’’, a indiqué, M. Coulibaly, par ailleurs, Directeur de l’Institut Supérieur des Sciences de l’Information et de la Communication (ISSIC).

’Je me souviens. J’étais à mon début de profession j’ai vu Djib Diédhiou faire un reportage sur l’incendie qui y avait à Fass. Mais le reportage que j’ai vu et qui m’a le plus impressionné dans ma vie c’est Djib Diédhiou qui la fait. Aujourd’hui combien d’articles de journalistes qui ont 15 ans de métier vous pouvez lire? Il y en a pratiquement plus’’, souligne-t-il.

Auparavant M. Coulibaly a précisé que ‘’Il y a des gens qui pensent effectivement qu’il y a un problème de formation (Ndlr : formation des jeunes journalistes) je suis d’accord avec eux qu’il faut davantage mettre l’accent sur la formation des journalistes. Mais attention, il ne faudrait pas réduire la problématique de la formation à la formation initiale de base dans les écoles de formation’’.

’C’est certes cette formations-là est importante mais une école on y apprend juste les possibilités d’entrer dans une profession. Après quand on a un diplôme on va dans une entreprise de presse pour apprendre le métier’’, conclut-il.


‘’Kolda a un déficit de cadres politiques de haut niveau’’, Mouhamadou Moustapha Sow

‘’Aujourd’hui il y a un cadre qui est là. C’est le cadre politique. Il vous permet de s’impliquer davantage. Si vous juger que vous ne pouvez pas travailler dans ce cadre là, il faut vous retrouver dans la société civile. Parce que justement Kolda a un déficit de cadres politiques de haut niveau’’, a indiqué, Mouhamadou Moustapha Sow, journaliste-chercheur.
‘’C’est-à-dire des cadres politiques qui peuvent influer dans la prise des grandes décisions au sommet de l’Etat. Cela est lié justement à cette faible scolarisation que connait la région’’, a-t-il poursuivi.
Mouhamadou Moustapha Sow, journaliste-chercheur, animait, vendredi, à Dakar, une conférence publique organisée par l’Association des élèves et étudiants pour la promotion de Kolda (ASSEPROK), sur le thème: « l’étudiant et son terroir », tenue au Cyber Sinkou du campus social de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD).
‘’Il y a une sorte d’interaction entre l’étudiant et son terroir. En plus des préoccupations tout à fait académiques que tout étudiant doit avoir, à savoir travailler à l’Université, avoir de bons résultats, il faudrait que les étudiants s’investissent davantage pour accompagner le développement de leur terroir’’, souligne, M. Sow.
‘’Aujourd’hui, au Sénégal il y a un cadre réglementaire qui nous permet à tout un chacun conformément aux textes de s’investir dans le développement de son terroir à travers la loi sur la décentralisation promulguée depuis 1996. Dans les différentes compétences qui ont été affecté aux collectivités locales, les étudiants ont des champs d’intervention’’, déclare-t-il.
‘’Je vous demande de s’approprier de cette loi, de la vulgariser davantage auprès des responsables des collectivités locales. D’autant plus que ces responsables dans la région de Kolda sont la plupart des analphabètes. Ils n’ont pas un niveau de scolarisation assez avancé. C’est pour cela en tant qu’étudiants, vous pouvez s’organiser davantage pour justement accompagner les populations à la base pour participer au développement de votre terroir’’, plaide le conférencier.
Auparavant, Mouhamadou Moustapha Sow, journaliste-chercheur a déclaré que ‘’Aujourd’hui on voit au niveau de l’Université un ensemble d’amicales de ressortissants, des associations qui se forment autour de l’identité ethnique, religieuse et géographique, cela traduit l’échec du mouvement syndical estudiantin. Si non on peut avoir de grands cadres estudiantins qui peuvent prendre en charge les préoccupations des étudiants’’.
‘’Je recommande fortement à tous les étudiants originaires de la région de Kolda, qui se trouvent à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (UCAD), de Bambéye, Saint-Loius, Ziguinchor et Thiès, de vous rassembler et former un véritable cadre qui doit impliquer au delà des étudiants, tous les autres acteurs de développement originaires de Kolda. Vous devez créer un site qui vous permettra d’échanger et de renforcer vos liens’’, dit-il.
‘’Je vous encourage et vous demande de persévérer sur le plan pédagogique, il faut que vous soyez toujours les meilleurs. Je vous demande également de vous impliquer sur le plan syndical et politique pour que nous puissions quand même regorger pas mal de cadres koldois encagés pour le développement de la région de Kolda’’, a souligné, Boubacar Diallo, chef de service administratif et financier de l’hôpital Fann, parrain de l’ASSEPROK.
‘’Ce thème que vous avez choisi est un thème d’actualité et cela vous permettra de maitriser votre terroir avec ses difficultés, en terme déficit de cadres et d’encagements de cadres. Vous devez vous encager davantage sur le plan politique et citoyen pour le développement de Kolda. C’est à nous de développer Kolda, personne d’autre ne le fera à notre place’’, précise le parrain.
‘’Je lance un appel à l’ensemble des cadres koldois qui sont ici à Dakar, à Saint-Louis, de l’ensemble des régions du Sénégal, mais également de la diaspora de mettre la main à la patte pour aider nos jeunes frères de Kolda. Les étudiants disent que seuls les étudiants koldois n’ont pas un logement, un immeuble, c’est l’occasion pour moi de lancer un appel à l’ensemble des autorités politiques, administratives de Kolda pour que les gens puissent s’investir davantage pour aider nos jeunes frères et sœurs, car les conditions ne sont pas faciles à Dakar’’, conclut-il.
Pour sa part, le président de l’ASSEPROK, Mamadou Dicko Mballo, souligne que ‘’Le choix du thème se justifie par le souci de voir avec les autorités les maux qui gangrènent aujourd’hui la région de Kolda. Nous sommes laissés en rade, nous n’avons même pas d’immeuble. En quittant à 700 km, ce n’est pas évident de trouver un parent à Dakar ou si tu trouves il est très loin de l’Université’’.
‘’Cela n’arrange pas l’étudiant qui doit toujours se lever à 4 heures pour trouver une place dans les amphithéâtres. On appelle aux autorités koldoises à la concertation et au dialogue et à la limite de leur possibilité d’octroyer un immeuble aux étudiants koldois qui souffrent des nombreux déplacements’’, a-t-il déclaré.
‘’Nous réclamons de ces autorités un soutien moral et d’assistance d’abord, avant de parler de soutien matériel et financier. On exige de nos autorités qu’ils soient joignables. Il y a un problème pour les avoir au téléphone. Le choix du parrain n’est pas un hasard, il est fruit de cette Université, il connait les réalités de l’UCAD et les problèmes des étudiants. On a plus besoin de choisir des parrains qui ne connaissent même pas les problèmes de l’Université et qui n’assistent pas à nos manifestations culturelles’’, conclut, Mamadou Dicko Mballo.